Aller au contenu principal

Sous-genres de l'horreur : pourquoi les films récents ne rentrent plus dans les cases

Halloween approche, et avec lui la traditionnelle soirée film d'horreur. Pour choisir, on raisonne souvent par sous-genre. Nous avons comparé la classification la plus partagée sur internet aux 33 films d'horreur les plus marquants de ces deux dernières années, et plus d'un sur trois n'y trouve pas sa place.

Publié le

Une salle de cinéma vide, avec un grand écran blanc et des rangées de fauteuils rouges.
Photo : Toni Pomar / Unsplash

Halloween tombe un samedi cette année. Beaucoup en profiteront pour organiser une soirée film d'horreur, et il faudra bien se mettre d'accord sur le film. En général, on commence par le sous-genre : certains veulent un slasher, d'autres une histoire de fantômes ou de possession.

Obsession a de bonnes chances d'être proposé. C'est le plus gros succès d'horreur de 2026. Curry Barker, un ancien YouTubeur, l'a tourné en vingt jours avec 750 000 dollars , et il a rapporté plus de 520 millions de dollars dans le monde, soit le cinquième meilleur score de l'histoire du genre . Dans le film, un jeune homme casse un petit objet censé exaucer un vœu et souhaite que son amie l'aime plus que tout au monde. Elle se met à l'aimer exactement comme il l'a demandé, et les ennuis commencent. On pourrait le classer dans la sorcellerie, à cause de l'objet maudit, ou dans l'horreur psychologique, puisque tout tourne autour d'une obsession, mais aucune de ces deux catégories ne décrit vraiment le film.

Chez Gemster, nous décrivons plus d'un million d'œuvres pour notre application de recommandation, des films aux jeux vidéo en passant par les mangas, et nous nous heurtons souvent à ce problème de classement. Nous avons donc voulu vérifier si Obsession était un cas isolé.

Comment classe-t-on les films d'horreur ?

Ceux qui ont fréquenté les vidéoclubs se souviennent sans doute du rayon horreur, installé au fond du magasin, où les cassettes étaient réparties dans des bacs selon le type de menace, avec les tueurs masqués d'un côté, les histoires de fantômes de l'autre et les monstres un peu plus loin. Le client savait où chercher, et le vendeur savait où ranger chaque nouveauté.

Sur internet, ce rôle est tenu par une affiche intitulée « Horror Genres & Sub-Genres », que l'on retrouve aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les boutiques de posters. Personne ne semble savoir qui l'a dessinée, et il s'agit d'une simple infographie de fan, mais elle a pris assez d'importance pour que Rotten Tomatoes s'appuie sur ce découpage afin de classer 1 038 films d'horreur.

L'affiche répartit le genre en cinq familles, selon la nature de la menace. Le gore regroupe la torture, le splatter et le cannibalisme, tandis que l'horreur psychologique puise dans la folie, la paranoïa ou le fanatisme. Les films de tueurs vont du slasher américain au giallo italien, les films de monstres rassemblent vampires, zombies, animaux et créatures en tout genre, et le paranormal réunit les fantômes, les maisons hantées, les démons et les possessions.

En bas de l'affiche, une dernière rangée regroupe des étiquettes qui ne forment pas une famille à elles seules, comme la comédie, la science-fiction, le gothique, le body horror ou le found footage. Elles viennent s'ajouter à n'importe laquelle des cinq familles pour en préciser la tonalité. L'affiche range le body horror parmi ces étiquettes plutôt que dans le gore, un choix discutable qui explique pourquoi des films comme The Substance ou Together n'y trouvent pas de famille.

Les cinq familles de l'affiche « Horror Genres & Sub-Genres » et la rangée des étiquettes à combiner
Les cinq familles de l'affiche « Horror Genres & Sub-Genres » et la rangée des étiquettes à combiner
Agrandir l’image (nouvel onglet) : Les cinq familles de l'affiche « Horror Genres & Sub-Genres » et la rangée des étiquettes à combiner
Lire les cinq familles et les étiquettes du schéma
  • Gore et dérangeant : Torture, splatter, cannibales, extrême.
  • Psychologique : Phobies et isolement, folie et paranoïa, fanatisme.
  • Tueurs : Crime et giallo, slasher, tueurs de campagne, intrusion à domicile.
  • Monstres : Monstres géants, néo-monstres, loups-garous, vampires, zombies (morts-vivants, virus), mythologiques, animaux et nature, petites créatures, extraterrestres.
  • Paranormal : Fantômes et esprits, maison hantée, diable et démons, possession, sorcellerie et occulte, surnaturel.

Étiquettes à combiner : comédie, science-fiction, gothique, enfants inquiétants, romance, méta, extrémisme français, vengeance, body horror, found footage, anthologie, technologie.

Carte « Horror Genres & Sub-Genres », infographie de fan sans auteur identifié, redessinée et traduite par Gemster.

Des classements plus savants existent depuis longtemps. En 1977, dans son livre Dark Dreams, le critique Charles Derry décrivait déjà une horreur du démoniaque , l'une des trois grandes branches qu'il distinguait dans le cinéma d'horreur moderne. L'affiche a pourtant beaucoup plus circulé, probablement parce qu'elle se comprend en quelques secondes.

Deux façons de ranger un film

« Chaque film a sa case »

L'affiche fonctionne comme un arbre, dans lequel chaque film descend d'une famille vers un sous-genre. L'Exorciste y est classé dans le paranormal, puis dans la possession.

Son atout est d'être lisible au premier coup d'œil, puisqu'on distingue immédiatement un slasher d'un film de démons. Son point faible est d'obliger à choisir, si bien qu'un film qui tient de deux familles doit renoncer à l'une d'elles.

« Chaque film est une station »

En 2021, Diogo Brüggemann a publié sur Twitter une autre représentation, sa « Horror Subway Map » , dans laquelle les sous-genres deviennent des lignes de métro et les films des stations. L'Exorciste y occupe une station de correspondance, desservie à la fois par la ligne du fanatisme religieux, par celle de la possession et par celle du diable.

Son atout est de permettre à un film d'exister à plusieurs endroits à la fois. Son point faible tient au fait que les lignes partent toujours de la menace et que le plan reste figé au moment où il a été dessiné, de sorte qu'un genre apparu ensuite n'y trouve aucune station.

L'arbre de l'affiche et le plan de métro de Diogo Brüggemann, appliqués à L'Exorciste
L'arbre de l'affiche et le plan de métro de Diogo Brüggemann, appliqués à L'Exorciste
Agrandir l’image (nouvel onglet) : L'arbre de l'affiche et le plan de métro de Diogo Brüggemann, appliqués à L'Exorciste

Que valent ces cases face aux films récents ?

Pour le vérifier, nous avons repris les 33 films d'horreur qui ont le plus fait parler d'eux entre octobre 2024 et octobre 2026, de Terrifier 3 à Clayface, en mêlant les gros succès en salles et les révélations de festival. Pour chacun d'eux, nous avons cherché sa famille principale sur l'affiche, puis les autres familles qu'il touche, en croisant plusieurs critiques.

Sur ces 33 films, douze n'ont aucune case principale dans l'affiche, et dix-neuf débordent sur une deuxième famille, comme le laissait prévoir le plan de métro de Diogo Brüggemann. La classification la plus partagée du web laisse donc de côté plus d'un film récent sur trois.

Le gore occupe une place à part, puisqu'aucun film de la liste n'en fait sa famille principale. Il est pourtant très présent, de Terrifier 3 à Evil Dead Burn, mais il vient toujours s'ajouter à une autre forme de peur.

Les 33 films d'horreur marquants d'octobre 2024 à octobre 2026, placés dans les familles de l'affiche
Les 33 films d'horreur marquants d'octobre 2024 à octobre 2026, placés dans les familles de l'affiche
Agrandir l’image (nouvel onglet) : Les 33 films d'horreur marquants d'octobre 2024 à octobre 2026, placés dans les familles de l'affiche
Lire le classement complet des 33 films

Transcription du visuel : 12 films sans case principale ; 19 débordent sur une autre famille ; 9 des 11 films classés dans une seule famille sont des suites, remakes ou monstres classiques ; aucun film n’a le gore pour famille principale. Les recettes indiquées sont mondiales, en millions de dollars, selon le relevé d’octobre 2026.

  1. Heretic (2024) — famille principale : Psychologique; déborde aussi dans Tueurs.
  2. Terrifier 3 (2024) — famille principale : Tueurs; déborde aussi dans Gore et dérangeant.
  3. Scream 7 (2026) — famille principale : Tueurs; 214 millions de dollars.
  4. Nosferatu (2024) — famille principale : Monstres.
  5. Sinners (2025) — famille principale : Monstres; 372 millions de dollars.
  6. 28 Years Later (2025) — famille principale : Monstres.
  7. Frankenstein (2025) — famille principale : Monstres.
  8. Primate (2026) — famille principale : Monstres.
  9. 28 Years Later: The Bone Temple (2026) — famille principale : Monstres.
  10. The Bride! (2026) — famille principale : Monstres; 23 millions de dollars.
  11. Lee Cronin’s The Mummy (2026) — famille principale : Monstres; déborde aussi dans Paranormal; 91 millions de dollars.
  12. Resident Evil (2026) — famille principale : Monstres.
  13. Smile 2 (2024) — famille principale : Paranormal; déborde aussi dans Psychologique.
  14. The Monkey (2025) — famille principale : Paranormal; déborde aussi dans Gore et dérangeant.
  15. Bring Her Back (2025) — famille principale : Paranormal; déborde aussi dans Psychologique; réalisation issue de YouTube.
  16. Weapons (2025) — famille principale : Paranormal; déborde aussi dans Psychologique; 270 millions de dollars.
  17. The Conjuring: Last Rites (2025) — famille principale : Paranormal; 499 millions de dollars.
  18. Hokum (2026) — famille principale : Paranormal; déborde aussi dans Psychologique.
  19. Obsession (2026) — famille principale : Paranormal; déborde aussi dans Psychologique; 522 millions de dollars; réalisation issue de YouTube.
  20. Evil Dead Burn (2026) — famille principale : Paranormal; déborde aussi dans Gore et dérangeant; 72 millions de dollars.
  21. Insidious: Out of the Further (2026) — famille principale : Paranormal; 156 millions de dollars.
  22. The Substance (2024) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Gore et dérangeant.
  23. Companion (2025) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Tueurs.
  24. Final Destination Bloodlines (2025) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Gore et dérangeant; 318 millions de dollars.
  25. Together (2025) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Paranormal.
  26. Five Nights at Freddy’s 2 (2025) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Tueurs; 240 millions de dollars.
  27. Send Help (2026) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Gore et dérangeant.
  28. Iron Lung (2026) — famille principale : Hors cases; réalisation issue de YouTube.
  29. Exit 8 (2026) — famille principale : Hors cases.
  30. Backrooms (2026) — famille principale : Hors cases; 402 millions de dollars; réalisation issue de YouTube.
  31. The End of Oak Street (2026) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Monstres.
  32. Buddy (2026) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Tueurs.
  33. Clayface (2026) — famille principale : Hors cases; déborde aussi dans Monstres.

Classement : lecture éditoriale Gemster, recoupée sur plusieurs critiques par film. Box-office mondial : Wikipedia et The Numbers, octobre 2026.

Les films que les cases rangent bien

Les cases restent utiles pour une partie des films. Onze titres de la liste tiennent dans une seule famille, et neuf d'entre eux sont des suites, des remakes ou des monstres classiques : Conjuring, Insidious, Scream 7, Nosferatu, Frankenstein, les deux 28 Years Later, Resident Evil et The Bride!.

Le public de ces films sait à quoi s'attendre, et les franchises reposent justement sur cette promesse. L'univers Conjuring a ainsi rapporté près de 2,9 milliards de dollars en onze films, signe qu'une étiquette claire reste un argument puissant auprès des spectateurs qui savent quel type de frisson ils recherchent.

Les films qui débordent des cases

Des peurs nées sur internet. Backrooms, sorti en mai 2026, a dépassé les 400 millions de dollars de recettes. Son réalisateur, Kane Parsons, a 20 ans et adapte sa propre websérie , inspirée d'une légende urbaine née sur internet. Le film ne montre ni tueur ni démon, et l'angoisse vient de couloirs vides et jaunâtres qui ne mènent nulle part. Exit 8 , adapté d'un jeu vidéo japonais, repose sur le même principe avec un couloir de métro qui se répète sans fin. Les fans parlent d'horreur liminale pour désigner cette peur des lieux de passage, qui n'apparaît ni sur l'affiche ni sur le plan de métro, pas plus que les mascottes inquiétantes de Five Nights at Freddy's 2 ou de Buddy , licorne orange d'une émission pour enfants dont les jeunes partenaires découvrent peu à peu la vraie nature.

Des films amputés pour entrer dans une case. Sinners , de Ryan Coogler, peut tout à fait être rangé parmi les films de vampires, mais ce classement laisse de côté l'essentiel, car le film est aussi un western et une fresque sur le Mississippi des années 1930, si imprégnée de blues qu'elle frôle la comédie musicale. Send Help , de Sam Raimi, pose le problème inverse, puisqu'il met en scène une employée et son patron odieux, échoués sur une île déserte, dans un récit qui tient à la fois du film de survie et de la comédie noire. Or l'affiche ne prévoit aucune famille pour la survie, et la comédie n'y apparaît qu'en complément.

Des titres trompeurs. Lee Cronin's The Mummy annonce une momie, c'est-à-dire l'un des monstres les plus classiques du cinéma. À l'écran, l'histoire suit pourtant une petite fille qui rentre chez elle après huit ans de disparition, avant de basculer franchement dans le film de possession. Un classement fondé sur la créature se laisse donc facilement tromper par le titre.

Des films opposés dans la même case. 28 Years Later: The Bone Temple et le Resident Evil de Zach Cregger occupent exactement la même case, celle des zombies nés d'un virus. Le premier est un film grave sur la part d'humanité qui subsiste après la catastrophe, alors que le second suit un coursier malchanceux pendant une nuit infernale, avec beaucoup d'humour noir. Connaître la menace ne renseigne donc guère sur l'expérience que vivra le spectateur.

Beaucoup de ces films trouvent d'ailleurs leur origine hors du cinéma. Quatre des 33 titres adaptent un jeu vidéo (Exit 8, Iron Lung , Five Nights at Freddy's 2 et Resident Evil), et quatre autres sont signés par des créateurs venus de YouTube, des frères Philippou (Bring Her Back) à Curry Barker (Obsession). Les cases ont été pensées pour le cinéma, alors que les peurs circulent aujourd'hui librement d'un écran à l'autre.

Comment choisir son prochain film d'horreur

Inutile de renoncer aux étiquettes, car quelques réflexes suffisent pour qu'elles aident à choisir sans enfermer :

  • Partez de l'effet recherché plutôt que du monstre, qu'il s'agisse d'un frisson qui fait rire entre amis, d'une tension qui monte lentement ou d'un film qui vous hantera pendant plusieurs jours.
  • Lisez les critiques plutôt que la catégorie, parce qu'une critique décrit le ton, le rythme et l'intensité d'un film, trois éléments qu'une étiquette ne mentionne jamais.
  • Notez les films que vous voyez, y compris ceux qui vous ont déçu, car vos notes en disent plus long sur vos goûts que n'importe quel genre.
  • Passez d'un support à l'autre, puisqu'une peur qui vous a saisi au cinéma existe souvent sous forme de jeu vidéo, de manga ou de roman, et que plusieurs films de notre liste sont justement nés d'un jeu.

Une étiquette indique de quoi parle un film d'horreur, mais elle renseigne rarement sur l'effet qu'il produira sur vous le soir où vous le regarderez.

L'approche de Gemster

L'effet ressenti est justement au cœur de Gemster. Notre application gratuite recommande des films, des séries, des jeux vidéo, des livres, des mangas et des BD, en décrivant chaque œuvre par les émotions qu'elle procure, son rythme et ses thèmes, et pas seulement par son genre. Les recommandations reposent uniquement sur vos propres notes, jamais sur celles des autres utilisateurs.

Pour les films d'horreur, cette approche change beaucoup de choses. Deux films de zombies peuvent se retrouver très éloignés l'un de l'autre, tandis qu'un film sans le moindre monstre peut se rapprocher de celui que vous avez adoré, parce qu'il installe la même angoisse.

Vous pouvez partir d'une œuvre précise pour trouver celles qui lui font écho (le mode Écho). Après Backrooms, Gemster peut aussi bien vous proposer un autre film qu'un jeu vidéo ou un manga à l'atmosphère proche, selon les œuvres qui lui ressemblent le plus. Vous pouvez également partir de l'ensemble de vos goûts (le mode Expédition), en précisant si vous le souhaitez l'ambiance du moment et le temps dont vous disposez. Chaque suggestion est accompagnée d'un score qui indique sa proximité avec vos goûts ou avec l'œuvre de départ, et vous pouvez importer votre historique depuis Netflix, Prime Video, Steam, Letterboxd, Goodreads ou MyAnimeList pour démarrer plus vite.

Sources et références

Envie de retrouver toutes vos œuvres au même endroit ?

Disponible sur Google Play Télécharger dans l'App Store